On n’a pas besoin de Dieu pour être quelqu’un de bien
Un non-croyant peut faire beaucoup de bien, et l’Église le reconnaît. La question n’est pas de savoir si un athée peut être bon, mais d’où vient ultimement la dignité du bien et de la conscience.
Premier réflexe
Questions à poser
- 1Quand vous dites quelqu’un de bien, sur quel critère fondez-vous ce bien ?
- 2Pensez-vous que la dignité humaine soit seulement une convention sociale ou une réalité objective ?
- 3Pourquoi devrions-nous suivre notre conscience quand cela nous coûte vraiment ?
Réponse argumentée
Il faut d’abord reconnaître ce qui est vrai : beaucoup de non-croyants accomplissent des actes admirables. Ils aiment, se sacrifient, servent les pauvres, cherchent la justice. La foi catholique n’a pas besoin de nier cela.
La question est plus profonde. Si le bien est réel et pas seulement une préférence sociale, d’où vient son autorité ? Pourquoi la dignité d’un faible obligerait-elle le fort ? Pourquoi une injustice resterait-elle mauvaise même si une majorité l’approuve ? La foi chrétienne répond que le bien s’enracine en Dieu, source de l’être, de la vérité et de la dignité humaine.
Dire que Dieu fonde la morale ne signifie pas que seuls les croyants peuvent agir moralement. Cela signifie que la bonté objective que tous peuvent reconnaître trouve ultimement sa source en Dieu, même quand une personne ne le nomme pas.
Bien moral et source du bien
Il est vrai qu’une personne non croyante peut poser de beaux actes, aimer, servir et se sacrifier. La foi catholique ne le nie pas. Elle affirme même que la conscience peut reconnaître le bien. La question n’est donc pas : "Un athée peut-il être bon ?" mais plutôt : "D’où vient l’obligation du bien, et pourquoi la dignité humaine est-elle inconditionnelle ?"
Si le bien n’est qu’une préférence sociale ou biologique, il devient difficile d’expliquer pourquoi il faudrait respecter la personne même lorsqu’elle gêne, coûte ou ne sert à rien. La foi chrétienne fonde cette dignité dans le fait que chaque être humain est voulu par Dieu et appelé à la communion avec lui.
Sur le terrain, il est bon de commencer par reconnaître le bien réel chez l’autre. Ensuite seulement, on peut demander : "Qu’est-ce qui rend ce bien obligatoire même quand personne ne regarde ?"
Réponse du cœur
On peut dire : "Je connais des personnes non croyantes meilleures que moi sur beaucoup de points. Cela ne détruit pas ma foi ; cela me rappelle que Dieu travaille dans les consciences et que je dois me convertir."
Cette réponse évite la supériorité morale. Elle transforme l’échange en recherche commune du bien.
À éviter
- Dire qu’un athée ne peut pas être bon.
- Confondre fondement de la morale et comportement moral concret.
- Utiliser l’argument moral comme une accusation.
- Oublier que des croyants peuvent aussi donner de mauvais contre-témoignages.
Sources
Écriture
- Rm 2,14-15
Les païens montrent que la loi est inscrite dans leur cœur, leur conscience en témoignant.
À retenir : Paul reconnaît une conscience morale réelle chez ceux qui ne connaissent pas la Loi révélée.
- Mt 7,11
Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants...
À retenir : Jésus reconnaît que des personnes pécheresses peuvent accomplir de vrais actes bons.
- Mc 10,18
Nul n’est bon sinon Dieu seul.
À retenir : La bonté créée participe à la bonté première de Dieu, sans nier les actes bons des hommes.
Catéchisme
- CEC 33
À retenir : L’homme peut percevoir Dieu à partir de son ouverture à la vérité, à la beauté morale et à la liberté.
- CEC 1704-1706
À retenir : La personne humaine est dotée de raison, de liberté et d’une conscience morale.
- CEC 1776-1782
À retenir : La conscience est le sanctuaire où l’homme entend une loi qu’il ne se donne pas arbitrairement.
Pères et Magistère
- Concile Vatican II, Gaudium et spes 16
À retenir : Vatican II décrit la conscience comme le centre le plus secret de l’homme, où il est seul avec Dieu.
- Jean-Paul II, Veritatis splendor 54-64
À retenir : L’encyclique rappelle la dignité de la conscience, tout en la reliant à la vérité morale.
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